Traitement des bois et des maçonneries

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Lyctus brunneus Steph. - Lyctus linearis Goeze

Les lyctides sont des coléoptères xylophages dont les larves vivent dans l'aubier de certaines essences feuillues (essences métropolitaines ou d'origine tropicale).
xylophage
Deux espèces sont connues en France:

- Lyctus brunneus Stephens, répandu dans le monde entier, vraisemblablement originaire de l'Amérique du Nord et introduit en France au cours du siècle dernier.
- Lyctus linearis Goeze, espèce européenne qui, au contraire de celle citée ci-dessus, semble être en voie de régression.

Morphologie


Les Lyctus brunneus et linearis adultes ont une forme étroite et allongée. Leur taille varie beaucoup suivant la valeur nutritive du bois dans lequel ils se sont développés. Leur longueur est de 2,5 à 6 min. Leur coloration va du brun
rougeâtre au brun foncé.
Les caractères propres à chaque espèce, visibles à l'observation dorsale, sont donnés dans le tableau suivant:
LYCTUS BRUNNEUS 
 LYCTUS LINEARIS
  • Antennes de même longueur que le pronotum (thorax) 
  • Pronotum (thorax) sensiblement plus large en avant qu'en arrière et peu déprimé au centre.
  • Elytres couverts de poils irrégulièrement implantés
  • Antennes plus longues que le pronotum (thorax)
  • Pronotum à bords parallèles, nettement déprimé au centre
  • Elytres couverts de poils régulièrement répartis sur des lignes longitudinales 

Les larves atteignent au maximum 5 mm. Elles sont arquées, glabres et de teinte blanchâtre. Elles possèdent trois paires de pattes. Leur extrémité postérieure est épaissie et présente de chaque côté une tache brune, emplacement de
l'orifice respiratoire. Leurs flancs sont munis de bourrelets.

Biologie


- Cycle biologique


Les biologies des deux espèces sont très voisines. L'envol commence au début du printemps et se poursuit durant la belle saison jusqu'à la fin de l'été. Après accouplement, les femelles déposent leurs oeufs à l'aide de leur tarière
qu'elles glissent dans la lumière des vaisseaux des bois qui leur conviennent. Il arrive que 1'oviposition ait lieu exceptionnellement dans les fentes du bois.

 

 

- Durée du cycle


La durée du cycle biologique du Lyctus est donc le plus souvent d'un an. Toutefois, ce cycle peut être rallongé ou raccourci suivant les conditions de température et d'humidité auxquelles sont exposés les bois infestés. Ainsi, lorsque les  bois sont entreposés à l'extérieur ou dans des locaux non chauffés (caves, par exemple), la durée du cycle vital
peut atteindre dix-huit mois à deux ans. En revanche, ces mêmes bois placés dans des locaux chauffés peuvent permettre le développement des insectes en six à dix mois. En laboratoire, dans des enceintes climatisées à 27 0C et 75 %  d'humidité relative, c'est-à-dire dans les conditions optimales, le cycle peut être réduit à  trois mois. C'est d'ailleurs la durée moyenne normale du cycle biologique des Lyctus sous les climats tropicaux.
Cette influence des conditions climatiques ambiantes explique que, dans les habitations, des sorties d'insectes puissent être observées pratiquement tout au long de l'année.

Conditions d'infestation 

 

Un bois n'est infesté par des Lyctus que :

- S'il possède des parties aubieuses dont les vaisseaux sont  assez gros et plus précisément si leur diamètre est supérieur ou égal à 0,05 mm,  taille minimale nécessaire pour que la femelle puisse y introduire sa tarière et déposer ses oeufs. Certaines essences signalées comme attaquables telles que le peuplier, le saule, l'érable peuvent ne présenter qu'occasionnellement des vaisseaux d'un diamètre supérieur à cette valeur et, de ce fait, n'être exposées qu'accidentellement à un développement larvaire.
La ponte ne peut avoir lieu si les vaisseaux sont obturés par des enduits solides et assez épais, tels que cire, vernis et peinture, à condition toutefois  que cette couche protectrice soit uniforme et sans défaut, ce qui est rarement le cas dans la pratique.
- S'il présente une teneur en amidon suffisante (1) la teneur en amidon du bois doit être supérieure à 3 % en poids par rapport au poids du bois anhydre.
En Europe, la teneur en amidon dans l'arbre sur pied est maximale en automne et au début de l'hiver, et minimale
durant le printemps et l'été, ces réserves étant nécessaires à l'activité de l'arbre et à la fructification. Ainsi, des bois provenant d'arbres exploités durant les mois d'avril-mai sont moins susceptibles d'être attaqués que ceux provenant d'arbres abattus en novembre-décembre. Toutefois, les années où la fructification est très abondante, les réserves
amylacées peuvent être faibles durant la période hivernale suivante.
En ce qui concerne les bois tropicaux, l'amidon, bien qu'en quantités variables, est toujours présent car, sous ces latitudes, la chute des feuilles est, suivant les espèces, soit progressive et échelonnée tout au long de l'année soit totale, mais pour une courte période.
- S'il contient une substance hydrosoluble, de nature non déterminée jusqu'à présent, qui est indispensable au développement des larves. Cette substance de nature enzymatique est très labile et peut être détruite par un simple flottage des bois dans de l'eau chaude à 60 0C.
- S'il renferme un taux assez élevé de substances azotées, éléments indispensables à la croissance larvaire. Les protéines utilisables par les larves, qui se trouvent en quantités maximales au moment de l'abattage de l'arbre, s'altèrent avec  le temps, ce qui explique la manifestation fréquente des infestations observées durant les
premières années d'utilisation du bois.
- S'il possède une humidité comprise entre 6 et 32 %, ce qui  est le cas pratiquement de tous les bois mis en oeuvre, quels que soient leurs emplois.
(J)    la présence d'amidon dans l'aubier peut être décelée d'après la couleur prise par une solution iodoiodurée. plus communément appelée Lugol, appliquée à l'aide d'un pinceau sur la section transversale des bois - iode: 1 g - iodure de
potassium 2 g - eau 200 mI.

Bois sensibles à l'attaque des Lyctus.


Le Lyctus attaque uniquement les essences feuillues, notamment celles à zone poreuse, jamais les essences résineuses qui ne possèdent pas de vaisseaux permettant aux femelles de déposer leur ponte et ont une teneur en amidon insuffisante. En ce qui concerne les essences indigènes sensibles, seules les parties aubieuses sont susceptibles d'être infestées.
Les bois tropicaux étant assez largement utilisés en France, il est important de noter que certains d'entre eux, qui ne possèdent pas de bois parfait différencié, peuvent contenir de l'amidon, même au-delà de l'aubier fonctionnel et, de ce fait, être attaquables en totalité.
 
Dans de telles essences sensibles, le développement des Lyctus peut se poursuivre jusqu'à destruction complète des parties riches en amidon.

 

Aspects des dégâts


Les attaques de Lyctus ne sont le plus souvent décelables que lors de l'apparition des premiers orifices dus à l'essaimage des insectes adultes orifices parfaitement circulaires de 1 à 2 mm de diamètre. Souvent peu nombreux lors de la première génération, ces orifices peuvent parfois passer inaper‡us, mais la fécondité des femelles de Lyctus étant relativement élevée, l'infestation lors de la 2ème génération se révèle d'un seul coup très
importante.
Il faut noter également que des orifices peuvent être observés sur des pièces de bois non susceptibles d'être attaquées ; c'est ainsi le cas des lames de parquet en pin ou en chêne ne présentant pas d'aubier, montées sur des lambourdes en chêne comportant des zones aubieuses, ou encore de contreplaqués dont les plis internes sont constitués d'un bois
sensible et les faces d'un bois résistant. Les insectes adultes sont, en effet, susceptibles de traverser toute épaisseur de bois ou autres matériaux, revêtements plastiques, linoléum, etc., pour regagner l'air libre. Il est évident que, dans de tels cas, ils n'ingèrent pas ces matériaux mais les perforent vers l'extérieur, suivant d'ailleurs le plus court chemin.
D'une manière générale, ces insectes sont attirés par la lumière et, au moment de l'essaimage, il est possible de les observer à proximité des fenêtres ou circulant sur les voilages. La présence de Lyctus sur les voilages n'est pas obligatoirement l'indice d'une infestation des bois de la maison dans laquelle ils ont été recueillis. Ils peuvent être venus
de l'extérieur et chercher soit un partenaire pour l'accouplement, soit un support de ponte.
Avant l'apparition des premiers orifices, il est possible d'observer une fine vermoulure qui semble s'écouler du bois sans qu'aucune altération de surface ne soit visible. En effet, par les vaisseaux du bois qui débouchent à l'extérieur, les larves, lorsqu'elles atteignent une certaine taille, rejettent une partie de leur vermoulure qui constitue, quelques jours avant la sortie de l'insecte, de véritables petits cônes. Cette vermoulure est extrêmement fine et présente au toucher la même consistance que la fleur de farine. La plus grande partie de la vermoulure reste toutefois à l'intérieur des galeries qu'elle remplit de façon compacte.
Les galeries de 1 à 2 mm de diamètre sont parallèles au fil du bois et ne s'infléchissent vers la surface que pour déboucher dans les loges nymphales situées juste au-dessous de la surface de la pièce de bois infestée.

 
 
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