Traitement des bois et des maçonneries

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La grosse vrillette Suggérer par mail

Morphologie


L'insecte parfait est de couleur brun fonc‚ et couvert de touffes de poils jaunes blanchâtres qui lui donnent un aspect bigarré. Sa forme est trapue et sa longueur proche de 5 à 7 mm, bien que le mâle soit en général plus petit que la femelle. La grosse vrillette peut être distinguée de presque tous les autres Anoblides par l'absence de stries sur les élytres.
Les oeufs de couleur blanc ivoire ont une forme qui rappelle un peu celle du citron, une surface extrêmement lisse et mesurent environ 0,6 à 0,7 mm dans leur plus grand axe.
La larve est de couleur crème et recouverte de soies jaunes dressées. Elle est de consistance charnue et peut atteindre i I mm de longueur. Elle possède parmi ses appendices une paire de mandibules qui lui servent à forer sa galerie dans le bois et trois paires de pattes. Extraite de sa galerie, elle reprend sa position naturelle arquée alors qu'elle s'y tient droite habituellement.

Biologie


La sortie du bois de l'insecte parfait est observée vers le moi d'avril-mai.
Durant cette période, un bruit sec, régulier et périodique, généré par une succession d'unedizaine de coups de front de l'insecte contre les parois des galeries peut être entendu.
Ce véritable dialogue sexuel instauré entre les mâles et les femelles leur permet de se localiser pour ensuite s'accoupler. Ce bruit leur a valu le nom vernaculaire d'"Horloge de la mort". L'accouplement qui dure, à 18-20 °C une demi-heure à une heure un quart, a généralement lieu à l'extérieur des galeries.
La femelle recherche pour pondre, soit à l'extérieur du bois, soit dans les anciennes galeries, les surfaces rugueuses, les fentes ou les fissures occasionnées par la présence des champignons lignivores. Bien que pouvant atteindre 200 oeufs, leur nombre est en moyenne de 100, déposés soit isolément, soit par groupes de deux ou trois.
Il  est indispensable pour l'installation de la jeune larve que le bois sur lequel elle se trouve soit préalablement attaqué par un champignon.
En effet, le champignon d'une part altère la consistance du bois qui devient ainsi plus facile à creuser et, d'autre part, l'enrichit en azote, élément indispensable à la croissance larvaire.
Arrivée à un certain stade, cette présence de champignon, bien que très favorable, semble devenir moins capitale.
Les champignons qui infestent les bois ensuite attaqués par l'insecte, sont de deux types :
- Les champignons responsables des pourritures cubiques caractérisées par une fissuration suivant les trois plans privilégiés du bois entraînant la formation de parallèlipipèdes et une couleur du bois plus brune que la normale.
- Les champignons responsables des pourritures fibreuses caractérisées par une teinte claire du bois et un ramollissement de celui-ci qui se détache en fibrilles.
La durée du cycle biologique est comprise entre un et dix ans La longueur de ce cycle peut être raccourcie ou rallongée en fonction des facteurs suivants :

 

Nature des bois attaqués


L'insecte peut se développer dans les feuillus, mais également dans les résineux. Il semble pargner à l'heure actuelle les essences tropicales.
Dans les essences à bois parfait duraminisé, souvent seul l'aubier qui est très facilement dégradable est détruit. Toutefois, lorsque la source d'humidification persiste pendant des durées prolongées, le duramen même celui d'essences de bonne durabilité naturelle reconnue comme le chêne (Quercus Sp.) et le châtaignier (Castanea sp.). arrive à être altéré.
Comme les développements de champignons et d'insectes sont liés à une forte humidité, les attaques se rencontrent dans les bois mal ventilés et soumis de façon plus ou moins latente ou accidentelle à une humification anormale. C'est le fait, par exemple, des solivages qui, enfermés entre le plafond de l'étage inférieur et le parquet supérieur, peuvent mettre parfois plusieurs mois à sécher lorsqu'ils sont humidifiés et recouverts en supplément de linoléum ou de moquette. Le phénomène est encore plus marqué au niveau des encastrements qui représentent des points d'autant plus sensibles.

Aspect des dégâts


Dans la majorité des cas, les altérations dues à la grosse vrillette prédominent en apparence sur celles dues au champignon. Très souvent, elles permettent de localiser et de délimiter l'attaque de ces derniers.
La présence de l'insecte n'est repérable qu'après la sortie de la première génération.
L adulte, pour regagner l'extérieur, perce des trous de sortie ronds dont le diamètre est de l'ordre de 2 à 4 mm. Les galeries de même diamètre sont parallèles au fil du bois et respectent généralement le bois d'été *. Elles sont remplies de déjections granuleuses en forme de lentille dont le diamètre est proche de 1 mm.

* Bois formé‚ l'été en opposition avec le bois de printemps.

Si les cas d'attaques mis en évidence au cours de ces dix dernières années sont de plus en plus nombreux, ce n'est vraisemblablement pas dû à une augmentation de la densité de la population de cette espèce d'insecte. Cela peut être attribué, d'une part à un plus grand souci chez les particuliers de la qualité de leur cadre de vie et, d'autre part, aux nombreuses opérations de réhabilitation pratiquées de nos jours. Comme cela a été expliqué précédemment, les dégâts occasionnés sont rencontrés dans les bois mal ventilés, humidifiés à un moment ou à un autre.
C'est le cas par exemple:
- de pans de bois revêtus au siècle dernier d'un crépi ou d'une couche de plâtre devenus
perméables avec le temps.
- de solivages généralement situés à l'aplomb de sanitaires, cuisines... Beaucoup d'immeubles, ne possédant pas l'eau courante à leur construction, des cuisines, salles de bain ont donc été installées par la suite avec pose de carrelage sur remplissage en maçonnerie ou même plâtre. La vétusté de l'immeuble aidant, les carreaux sont devenus plus ou moins jointifs, laissant l'eau s'infiltrer, humidifiant petit à petit les éléments de bois porteurs lors de lessivages, lorsqu'il ne s'agit pas de débordements accidentels.
Ce sont, dans ces exemples, des cas concrets auxquels les rénovateurs de construction sont souvent confrontés, mais cet insecte peut se rencontrer dans de nombreuses autres circonstances.

 
 
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